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Tokyo, derniere partie: Kamakura, Shibuya et ma rencontre avec Allah, ou metaphore d'une revelation

   Kamakura. Situee a quelques dizaines de kilometres de Tokyo (70min en train environ), Kamakura est aujourd'hui une ville balneaire de 170 000 habitants frequentees par les surfers et les touristes. Kamakura est une ville historiquement importante pour le Japon.
   En 1185, le Shôgun Minamoto no Yoritomo décide d'installer sa nouvelle capitale à Kamakura, y déplaçant du même coup le centre politique du Japon. C'est l'époque où les Shoguns prennent le dessus sur l'Empereur (Mikado). Le gouvernement de Kamakura domine le Japon pendant plus d'un siècle et demi, jusqu'en 1333.




   C'est sur les rotules que nous arrivons a Kamakura en debut de soiree. Dans le train, bonde, qui nous y emmene, des salarymans epuises dorment litteralement debout, impressionnant. Nous sommes accueillis par l'oncle et la tante d'Akiko. Voici ce que j'appel un accueil chaleureux, un accueil qui donne au mot "hospitalite" tout son sens. Ces gens sont d'une gentillesse et d'une generosite siderante! Apres un repas arrose au sake (et attention du bon hein, la bouteille cuvee du patron s'il vous plait, sortie specialement pour les invites), une surprise de taille nous attend, du moins pour Mathieu et moi meme... du fromage !!! Plus de 2 mois que je n'en avais pas mange! et pour accompagner, une petite bouteille de vin... La je dois avouer que l'emotion me prend a la gorge, j'en ai les larmes aux yeux. Si il y a bien une chose qui me manque de France, c'est bien un bon fromage, alors s'il est en plus accompagne de vin...  Le fromage servi n'est pas francais, il est Japonais, en provenance du Nord du pays, d'Hokkaido plus exactement. Et bien ne riez pas, car j'aime autant vous dire que le camembert fume Japonais est plutot bon, tout comme le bleu qui ressemble beaucoup a du Gorgonzola. Bref un pur moment de bonheur.


   L'alcool coule, les esprits se detendent, les rires pointent le bout de leur nez, le tout en compagnie de John Lennon, dont le dvd tourne sur le television. L'oncle d'Akiko attire mon attention sur une empreinte de main, enorme, qui trone au dessus d'un piano. Il s'agit d'un "autographe" du sumotori Taro Akebono. Son nom ne vous dit rien peut-être ? Ce sumotori hawaïen a été le premier non-japonais à accéder au grade de yokozuna, le niveau le plus élevé ! Aujourd'hui en retraite, il continue d'attirer les foules lors de galas d'ultimate fighting. Bref une legende vivante! Je m'amuse alors a comparer la taille de ma main avec celle d'akebono... cela se passera de commentaires.Et la, soudainement, l'oncle d'Akiko me dit que ci cela me fait plaisir, je peux le garder...Je n'en reviens pas, la marque d'akebono, pour moi... Je ne sais pas quoi dire (on ne refuse pas un cadeau au Japon), je suis confus...Rappel des faits. Quelques heures auparavant, a Tokyo, quartier de Harajuku, Mathieu et moi meme nous mettons en quete d'un cadeau a offrir a cette famille en vue de leur accueil. Nous finissons par trouver... des savons pour le bain achetes a Body Shop! Du coup j'ai honte... Mais Dieu que je suis content!


   Le soir nous nous couchons dans une chambre typiquement japonaise, avec des futons moelleux et douillets a souhaits.


   Le lendemain matin, nous sommes reveilles par les filles qui viennent frapper a notre porte. Croyez moi, mais ya pire comme reveil... (Je pense en particulier au "Branle bas" paternel)... Apres un petit dejeuner pantagruelique, il est temps de visiter la ville. Pendant qu'Akiko , son oncle et Sae partent placer les bagages dans une consigne a la gare, Mathieu et moi allons en direction de la mer. Sequence Kitano. La plage, les surfeurs, le doux bruits des vagues venant s'echouer sur une plage de sable noir. Au loin des surfers, patientants assis sur leur planche. Un souvenir merveilleux...


  Plus tard nous attaquons la visite de Kamakura a proprement parler. Nous debutons avec le fameux Dai Butsu ou Buddha geant, deuxieme plus grand du Japon derriere celui de Nara (ancienne capitale).
Il est situé à la limite de la forêt, au nord de Hase-Dera. Ce daibutsu est une sculpture en bronze, fondue vers 1252, d'une hauteur de l'ordre de 13 m. Un escalier permet de monter à l'intérieur de la statue, jusqu'à l'épaule. Le bâtiment qui abritait ce grand bouddha de Kamakura aurait été détruit, selon les sources, soit par un typhon, soit par un tsunami, à la fin du XVIe siècle. Une plaque apposée sur les ruines de ce bâtiment parle d'un tsunami qui aurait atteint ce point, situé à 1 500 m de l'océan.



Le Dai Butsu de Kamakura


     


    Contre 20 Yens, il est possible de penetrer... a l'interieur de la statut. C'est sombre, c'est etroit, c'est dangereux, on ne voit pas grand chose, mais je suis dans le ventre de Buddha et cela n'a pas de prix!


   Ensuite nous nous dirigeons vers le temple Hase-Dera.Situé à l'entrée ouest de la ville, près de la gare de Hase, ce temple est bâti à flanc de colline et permet de découvrir en haut de ses escaliers, un très beau panorama sur la ville. Il abrite des sculptures de l'ère Muromachi et une effigie de Daikokuten, dieu de la richesse. On y trouve également un moulin à soutras, haut de plus de 2m et qu'il faut faire tourner d'un seul tour pour en tirer tout le bénéfice. De très nombreuses statues d'enfants occupent plusieurs terrasses, tandis qu'une étrange grotte, avec des sculptures monolithes est située au pied du temple.


  


 

   Sur place, je me plie au rite de la priere. Contre une piece de 5 yens (la plus propice a faire passer le message) que je jette dans un grand receptacle rectangulaire prevu a cet effet, la deesse Kannon ecoute mes demandes.

 

   Pour finir nous nous rendons au sanctuaire d'Hachiman Gu, le plus grand de la ville. Le sanctuaire d' Hachiman-gu date de 1063, initialement construit au bord de l'eau, il a été déplacé à son emplacement actuel en 1191. Il est situé au nord de la rue principale de Kamakura. Dédié au Dieu de la Guerre, il est destiné à protéger les clans Minamoto et Genji. Ce temple est très fréquenté lors des grandes fêtes du Japon.

 

 

  


 


   Il est temps de retourner a Tokyo. Le monde de la nuit nous attend! Apres avoir trouve un hotel pas trop cher, direction Shibuya. Nous entrons alors dans un Izakaya. Et la je ne sais pas exactement ce qui se passe. La fatigue, le stress ou je ne sais quoi prend le dessus. Nous sommes ensemble tous les 4, nous passons un moment extraordinaire, mais je n'arrive pas a rire. Pire, le sake augmente mon etat de stress, je me sens oppresse, j'ai l'impression horrible que les murs se referment sur moi. Je regarde devant moi fixement et j'ai peur... Beaucoup d'idees fusent dans ma tete et ce a une vitesse simplement hallucinante. Comble de malheur, en essayant de surmonter ma peur je tente un brin d'humour terriblement maladroit, qui a pour consequence de me plonger encore plus bas dans ce que j'ai appelle par la suite l'etat neutral. L'etat neutral, c'est lorsque l'on devient transparent, tout est negatif dans la tete, on s'enfonce peu a peu dans un mutisme pathetique, on a l'impression de deborder de nullite, d'etre inutile. J'essaye de trouver du reconfort en face de moi, en recherchant un bout de paradis, mais rien ne vient. J'ai peur de perdre quelque chose de fondamental, quelque chose de vital dont depend une partie de moi meme, celle qui reve...


   Je me decide alors a me retirer, il le faut, je dois me replier sur moi meme, tirer un bilan, rapide, faire le point. Pourquoi? Comment? Je me precipite vers les toilettes. Et la il se passe quelque chose de fabuleux... Je me passe de l'eau froide sur le visage, je tente de me calmer, je respire a fond. Et c'est la qu'apparait ma revelation! Allah, dans le miroir! Pourquoi pas Jesus, Sainte Marie, Buddha, Spiderman ou Ronald MacDonald? Pourquoi Allah? Parce que, Athee convaincu que je suis, c'est la plus invraisemblable des choses qui puissent m'arriver. Inconcevable simplement. Alors encore une fois, pourquoi lui? Quelle est cette revelation qui me tend les bras? En plus c'est idiot, chacun sait qu'on ne peut voir Allah, c'est impossible, il n'y a pas d'image d'Allah, de personnification de ce dieu, d'imagerie, de representation... Et si c'etait... Un puissant declic raisonne dans ma tete, et si c'etait... Mais oui, bien sure! Je n'en reviens pas...


   Je retourne vers la table, trouble, sonne par ce que je viens de realiser, de comprendre. Je dois etre assez secoue puisqu' Akiko me demande ce que j'ai et je lui repond simplement que je viens de voir Allah dans le miroir des toilettes. Personne ne comprend...


   Cette soiree j'ai compris et realise quelque chose de merveilleux, pour laquelle je suis pret a me battre, a me sublimer, a me donner sans compter... Je vis une experience inedite, intense, qui brule chaque cellule de mon corps.


   Et si c'etait...

20.11.05 12:53


Cierra los ojos...

Une référence au film D'A.Amenabar, mais à l'envers... Pourquoi? Simplement car parfois le rêve peut être une source infinie de réconfort, de bien-être. Alors, il m'arrive de vouloir fermer les yeux, et non pas de les ouvrir.

Quand je ferme les yeux, je vois... un rayon de soleil d'une intensité, d'une chaleur à peine croyable. Je vois des couleurs aux nuances ne pouvant qu'exister dans un conte de fée. Je sens un parfum enivrant, et cette douceur, si particulière, si agréable. Quand je ferme les yeux, le soir avant de m'endormir, lentement les souvenirs emplissent ma tête, m'étreignent délicatement, je ne veux plus les ouvrir, je ne veux plus me réveiller, je veux rester ici, dans ce lieu. Ce lieu où les "au revoir" maudits qui me paralisent d'effroi, me glacent les os, le coeur, n'existent pas... Quand je ferme les yeux, les petits tracas disparaissent, je me sens bien, vivant, je suis heureux simplement.

Quand je ferme les yeux, je vois ton sourire...

A toi, "c"
10.11.05 08:53


Tokyo: lost in translation. partie 2

Tokyo, 2eme jour. Mon premier matin dans cette gigantesque mégalopole. Pendant que Sae doit aller passer son examen du TOEFL, Akiko nous prend Mathieu et moi même en charge pour nous faire visiter la ville.

Nous commençons donc par le fameux marché aux poissons, nommé "tsukiji", où les cuisiniers viennent s'approvisionner en poisson frais et ustensiles divers. Le marché aux poissons de Tsukiji est simplement le plus gros marché aux poissons du Japon et sans doute du monde. Il dépasse en tonnage et en superficie les autres grands ports Japonais qui sont ceux des villes de Yokohama et d’Osaka.Autour des milliers d’étals du marché se trouvent des centaines de petites échoppes et restaurants vous proposant de savourer du poisson frais ou cru. Malheureusement, lors de notre arrivée sur les lieux, l'heure était déjà bien avancée; à 8h30, ce marché perd nettement de son intensité. On essaye alors de faire la queue dans une echoppe de sushi, mais l'attente annoncée est de plus de 2heures, impenssable!

Deuxième escale, le quartier d'Asakusa. Asakusa était le nom d'un petit village, sur la rive ouest de la rivière Sumida, qui se développa autour du temple Sensô pendant l'ère Edo (1610-1868). Grâce à ses nombreux théâtres et cabarets et surtout grâce à son quartier de prostitution: Yoshiwara, aujourd'hui disparu, Asakusa devint rapidement le quartier commercial et de divertissements le plus prospère de la cité d'Edo. L 'attraction phare d'Asakusa est le temple Sensô (Asakusa Kannonji) sis au coeur du quartier. C'est le temple le plus vieux de la capitale. On estime qu'il fut construit en 1645 en l'honneur de la déesse bouddhique de la miséricorde: Kannon. Ce temple est réellement impressionnant, gigantesque. Il est aussi très fréquenté.Il est possible de prier la déesse Kannon sur place et ce, contre une piecette de 5 yens (et pas une autre attention hein...). Du coup, j'ai testé pour vous, prier dans un temple bouddhique. Quant au résultat, il est encore trop tôt pour se prononcer. Mais j'ai trouvé l'expérience intéressante...

La fatigue se fait rudement sentir, dans ma tête j'ai l'impression qu'il est 17heures alors qu'il n'est que 11Heures, je suis complètement perdu, je vois les gens passer autour de moi, ils m'hypnotisent, je fonctionne au ralenti. Akiko doit nous laisser, motif: aller présenter son "book" de photos dans une agence !!! Je réalise peu à peu la chance que j'ai, je suis à Tokyo avec deux filles superbes, gentilles comme tout, marrantes et intelligentes !!! Je note alors qu' il sera amusant de comparer nos weekends avec les autres étudiants étrangers et surtout les américains...

Du coup, Mathieu et moi, livrés à nous même, avançons vers le célèbre quartier d'Harajuku, haut lieu de branchouille attitude tokyoite made in extrem! les looks les plus extravagants se côtoyent sans aucune pudeur pour le bon goût. On croise des clones de Marylin Manson, des bergères (à prendre au premier degré si si...). Certains jeunes veulent tellement être branchés qu'ils ressemblent à des maquereaux(elles), véridique! C'est dans cette jungle de couleur, d'apparences, de sons, que nous décidons de trouver un cadeau pour l'oncle et la tante d'Akiko qui doivent nous accueillir dans la soirée à Kamakura. Je dois avouer que ce n'est pas l'idée la plus brillante du monde. Réflexion faite avec du recul, je qualifierai cette idée de ridicule. Mais bon, je rappel que la fatigue est tenace et altère aussi bien la perception des choses que les facultés de jugement! Du coup, nous trouvons notre "bonheur" dans un (on ne rie pas) "Body Shop" (j'en voie qui rient làs bas au fond...), c'est chic, c'est choc, j'adore j'adhère! On est parti pour un ensemble de produits moussants pour le bain emballés avec un goût certain dans un magnifique étui plastique rigide et opaque.

2 petites heures s'écoulent, nous rejoignons alors Akiko et Sae, il est temps de manger, direction... un restaurant oriental afin de manger du couscous et fumer le narguile. Nous prenons le métro pour la énième fois de la journée, pour nous arrêter à Shibuya.

Shibuya. Autrefois un village modeste d'Edo, Shibuya est aujourd'hui un quartier dynamique et branché de Tôkyô. De jour comme de nuit une foule dense s'y presse. Dans un dédale de petites rues les restaurants, bars, théâtres, salles de jeux, magasins de vêtements, discothèques, cinémas et disquaires rivalisent d'astuces publicitaires pour attirer la jeunesse qui déferle en masse dans le quartier le week-end. Quand je pense à Shibuya, les images du film "lost in translation" me reviennent à l'esprit. Des gens par milliers qui s'agglutinent au bord des trottoirs afin de pouvoir traverser. Quelques secondes d'attente, la ville est comme figée, je retiens ma respiration... Le feu piéton passe alors au vert, le spectacle commence, la parade s'active, la magie du lieu opère; la masse humaine traverse... La scène, des buildings ultra modernes ornés de gigantesques écrans de télévisions scandant un nombre incalculables de spots publicitaires. Souvenez vous du "Blade Runner" De R.Scott...


Aperçu de l'image



Le restaurant arabe est assez petit, quatre à cinq tables tout au plus, mais l'ambiance y est excellente. Le couscous aussi ! Il est quand même assez ironique de devoir aller à Tokyo pour pouvoir manger un excellent couscous et ce à prix très raisonnable! Après le repas, Mathieu, Akiko et Sae s'initient à l'art de la chicha, je m'impose alors en temps qu'indéniable expert en la matière. Le thé à la menthe ainsi que le tchai coulent à flot, l'odeur de fraise se répend lentement dans toute la piéce, les rires également. Encore un excellent moment...

Il est prêt de 17 heures quant nous quittons les lieux la tête lourde emplie de fumée, il est temps d'aller à Kamakura...

10.11.05 08:25


"Catherine", ou le temps n'existe plus.

Petit break dans mon séjour à Tokyo. Je veux juste faire part d'une expérience assez étrange, je veux parler de celle où l'on vit un moment de manière tellement intense que le temps finit par se figer, à devenir inexistant. Je veux parler de ces moments ou rien d'autre ne compte que l'instant présent, où tous les soucis sont mis à l'écart.

"Catherine", durant deux après midi tu as sut éclairer mes journées, une véritable bouffée d'air pur, d'oxygène. Perdu, lost in translation que je suis tu m'as aidé à me retrouver, même à croire en des choses que je pensais impossibles, j'en suis à un point où j'ai des apparitions d'Allah dans le miroir des toilettes... Là encore je dois te remercier. Chaque partie de toi est une invitation au rêve, à la fantaisie, à la douce folie. Je n'ai jamais autant rit, été heureux simplement que durant ces derniers jours.

Avec toute ma reconnaissance
9.11.05 08:18


Tokyo: lost in translation. partie 1

A Nanzan, je travail comme une brute, je n'arrête pas, je vais finir crucifié par la fatigue et le surmenage! Du coup, l'annonce de 4jours de vacances (liés au festival de mon Université) me fait l'effet d'une bombe! Mon regard zombifié s'éclaircit soudain, une lueur de vie apparait alors...
Pour ces 4jours, avec Mathieu, Akiko et Sae, nous avons décidés de nous rendre sur... Tokyo! Tokyo, rendez vous compte un peu, la ville de la démesure, des excès, un décor de cinéma à part entière, un véritable fantasme urbain.

Première étape du périple, le voyage. Tokyo est à quelques centaines de kilomètres de Nagoya, et le plus pratique pour s'y rendre est le "bullet train", ou alors "shinkansen", le pendant japonais de notre bon vieux TGV. Le problème de ce train réside dans le prix du billet, hors de prix et ce même avec réduction! Du coup, le moyen le moins onéreux pour ce rendre sur place reste le bus, le bus de nuit pour être plus précis. 6h30 de trajet a tout casser, c'est long...

Juste avant le voyage, nous nous réunissons tous les 4 dans un Isakaya, un restaurant où l'on commande toutes sortes de plats et de boissons, la halte préférée des salaryman après leur journée de boulot. Cet Isakaya est spécialisé dans les "yakitori", des brochettes de tout et n'importe quoi. Par exemple, il y avait des brochettes au poulet, a la peau de poulet, au cartilage de poulet, aux tripes (de porc, pas de poulet hein...) et j'en passe. Pour accompagner le tout, du sake, boisson des dieux au Japon, faite à partir d'alcool de riz. Et bien, verdict, c'est définitif, je suis un drogué du sake, que c'est bon!

Le bus donc. Le bus de nuit est spécialement aménagé pour les trajets nocturnes. Les sièges sont espacés et peuvent être dépliés, des couvertures ainsi que des coussins sont mis à disposition des voyageurs. 2 chauffeurs se relayent toutes les 2 heures environ. A bord, l'ambiance est bon enfant, du moins au départ. J'essaye d'initier mes amies japonaises à la chanson française avec ce fameux air : "c'est a l'avant qu'on gueule...", et ça marche, elles n'arrêtent plus de le chanter maintenant. De la à imaginer que cette chanson deveiendra dans quelques année le nouvel hymne national Japonais, il n'y a qu'un pas...

Rapidement, les lumières s'éteignent, le car devient subitement silencieux, sauf au 8e rang, à droite, où 2 français meuglent des histoires de poivrot et rient grassement, fiers de leurs conneries, le tandem Mathieu-Jérémie. Du coup, un des chauffeur, qui ressemble étrangement à "la BOULE" de Fort Boyard, viens nous apprendre à respecter les bonnes manières. Il est efficace, c'est le moins que l'on puisse dire, puisque après son départ, l'envie de rire à laissé place non seulement à de le peur (cet homme était vraiment impressionnant) mais aussi à un léger sentiment de honte.

Du coup, nouvel objectif en vue, dormir! Mission quasi impossible pour la bonne et simple raison que le bus fait de nombreux arrêts sur les airs d'autoroute, toutes lumières allumées. 6h30 plus tard, soit à 4H30 environ, le bus arrive à la garde de Tokyo. Le sake me rappel à quel point je l'avais aimé la nuit dernière en me gratifiant d'un mal de tête abominable. L'estomac lourd, les yeux rouges, des cernes jusqu'en bas des joues, me voici enfin à Tokyo !

Je n'arrive pas à y croire, je suis à Tokyo... autour de moi, des buildings partout, pas un chat, la ville est déserte, juste 4 pélerins armés de leurs valises arpentant les vastes trottoirs de la capitale nippone. premier arrêt nécessaire, se trouver un endroit pour se reposer quelques moments et se restaurer. Stupidement, telle une femme enceinte, je me retrouve à avoir des envies de choses décallées. A Tokyo, à 5h du mat, Jérémie a envie de... café et croissants avec de la confiture d'abricot! Le mec pas compliqué, tout moi ça... Je trouve mon bonheur quelques temps plus tard dans une boulangerie située dans la gare de Tokyo, comme quoi, il faut parfois savoir s'obstiner! Les baggages enfermées dans des sonsignes automatiques, nous sommes alors prêt à affronter Tokyo.

Mes premiers pas dans le métro me font l'effet d'une claque en pleine figure. Tokyo c'est avant tout des gens, beaucoup de gens et encore des gens. Une fourmilière! Je fonctionne au radar, tout autour de moi semble s'être échappé d'un rêve, l'ambiance est éthérée, je croise des gens qui me semblent être des fantômes, j'ai l'impression de marcher dans du coton... je suis à Tokyo!

http://www.photo.net/photo/2000pcd1677/tokyo-subway-71.3.jpg

8.11.05 07:42


Catherine...

   Un petit post dédié à quelqu'un de spécial, qui m'a fait découvrir, ce dimanche, Nagoya sous un angle jusqu'alors inconnu. "Catherine", merci, l'idée du port et du little Venise (qui fera l'objet d'une note en temps voulus) fut simplement merveilleuse... La mer, ce ciel de fin de journée couleur vanille ( le fameux Vanilla sky), et cette ambiance que tu as créé... Pour tout ceci, pour le souvenir de ce jour magnifique que j'aimerai revivre sans fin, je ne te remercierai jamais assez...


48 Ko


 

31.10.05 09:07


Mésaventure d'un soir... Les taxis !

J'ai intitulé ce post "mésaventure d'un soir" mais j'aurai put tout aussi bien le nommer " Ce soir j'ai (voulu) tester pour vous le taxi japonais"... Je m'explique...
A Nagoya, après minuit, il est difficile de rentrer chez sois à métro pour la bonne et simple raison qu'il n'y en a plus passé cette heure fatidique. De fait, lorsque l'on sort le soir, il faut alors se débrouiller pour attrapper le dernier métro, ce qui n'est pas toujours simple, surtout avec un (petit... et j'insiste sur "petit") coup dans le nez.
En cas d'echec, il faut alors se rabattre sur un plan de substitution. Rentrer chez sois, oui, mais comment? Voici les options qui s'offrent au fêtard désemparé:

option 1- Prendre un vélo. Mouai... je suis quand meme a une dizaine de kilomètres du centre ville...
option 2- Utiliser ses jambes. ARF! Mêmes remarques que précédemment... en pire!
option 3- Le bus de nuit... Un peu comme le Yéti, on sait qu'il existe, mais je me demande s'il ne s'agit pas d'une chimère...
option 4- LE TAXI !!!

Face aux diverses solutions qui s'offraient à moi, je me suis résolu à prendre le fameux taxi japonais! Mais j'aime autant vous dire que c'est par résignation. En effet, le taxi est un moyen de locomotion cher, très cher (comme beaucoup de choses au Japon en fait). De plus, il faut savoir que le prix de la commission est majoré de nuit de 30% !!!

Les chauffeurs de taxi japonais ne sont pas des lumières, ils sont tout juste scolarisés pour la plupart. Ils sont, à peu de choses prêt, comme les Gaulois, ils ne craignent qu'une seule choses, qu'un "Gaijin" leur tombent sur la tête! J'ai donc commencé à me diriger vers un premier taxi, je monte (la porte était ouverte), le chauffeur se retourne vers moi, je le vois blêmir, suer à grosses gouttes... et là je me dis que c'est mal barré... Je lui tend alors la carte sur laquelle est inscrite l'adresse de ma famille d'accueil. Il y jette un bref regard, je lui dit en japonais scolaire, "je voudrais me rendre à l'adresse indiquée", le tout avec le sourire! Pour seule réponse, je le vois paniquer... c'est vraiment très très mal barré... Et là il me dit "wakaranai !" ce qui veut dire, "je ne comprend pas!" ! Je le sentais venir... Bon je me dit que ce n'est pas très grave, après tout, des taxis, ce n'est pas ce qui manque à Nagoya... Je n'étais alors qu'au début de mes surprises...

Parceque je le vaut bien, et surtout que je n'ai pas envie de rentrer a pieds, je me décide à aller voire un deuxième taxi. Je commence à réfléchir à ce que je vais dire, je médite sur les erreurs de ma précédente expérience, je prends une grande inspiration et je me dirige vers une autre porte ouverte. Et là, surpise, à peine arrivé devant ladite porte, que celle ci se referme brusquement (les portes des taxis sont automatiques au Japon) !!! Hum... Bon, je ne cherche pas à comprendre plus, je décide à essayer avec un troisième et ultime taxi, que je surnomme dans ma tête, le "convoi de la dernière chance"...

Et là, à peine rentré dans le taxi, le chauffeur, pas très chaleureux, m'accueil, par un "wakaranai" avant même que je lui dise quoi que ce soit !!! je n'en reviens pas! C'est tros gros pour être vrai, il doit y avoir une caméra cachée quelque part! Et bien, non, il faut croire que les chauffeurs de taxi japonais ne sont pas disposés à servir les "gaijins", ou alors ils se sont tous passés le mot d'ordre d'envoyer promener au loin, toute personne ne ressemblant pas à un japonais, et ce , le soir ou j'avais réellement besoin d'un taxi!

Du coup, je me rabats sur l'option 2, la marche à pied, soit une dizaine de kilomètres à minuit... mais cela, c'est une autre histoire!


31.10.05 06:37


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